Service public:
en route pour les réformes !

Commençons tout d'abord par la plus facile:

 

La réforme du mode de perception de la redevance radio-TV

 

"L'impôt est juste" dit Mr Broulis, le ministre des finances du canton de Vaud. Il a absolument raison!

Pourquoi?

 

Parce que, dans une société démocratique, chaque citoyen est tenu de participer au financement des tâches de l'Etat en fonction de ses revenus et de sa fortune (la "capacité contributive" de la Loi). Or, c'est de moins en moins le cas en Suisse puisque nombre de prestations de l'Etat sont sorties de l'impôt et perçues sous forme de taxes fixes séparée, ce qui constitue, soit dit en passant, un impôt déguisé, un impôt qui ne dit pas son nom.

 

Il s'ensuit que les assujettis à la redevance pauvres paient proportionnellement bien plus que les riches. Pour les  premiers, la somme de 451 Fr représente leur budget-nourriture pour un mois entier alors que pour les second ce sera le prix d'un seul repas-gastro, des peanuts donc!
 

Alors pourquoi imposer des taxes fixes alors qu'il serait tellement simple de les inclure dans l'impôt ordinaire?

Tout simplement parce que les augmentations d'impôt sont soumises au vote parlementaire, voire populaire, et que les augmentations passent mal la rampe, la faute à l'économie libérale qui ne les n'aime pas et qui ne perd aucune occasion de fustiger les augmentations et de prôner le "moins d'impôts".

 

Pourquoi prôner le "moins d'impôts" ?

 

Tout simplement parce que d'une part l'économie est, par définition, entre les mains des possédants et que ceux-ci ne veulent pas payer plus d'impôts. Ils  font donc tout pour que le ménage public soit à la charge des moins riches de la société, les citoyens de  la classe moyenne inférieure.  Pourquoi ceux-ci ?

 

Parce que les pauvres ne payent pas d'impôts puisqu'ils sont à la charge de l'Etat et que les plus riches échappent à l'impôt grâce aux "optimisations fiscales" (autrement appelées "escroquerie" bien que ce soit légal) qu'ils peuvent se payer. Reste la classe moyenne inférieure, coincée par ses incontournables feuilles de salaire.

 

Et d'autre part parce qu'en diminuant les rentrées fiscales, l'économie néo-libérale diminue la puissance de contrôle de l'Etat. Par exemple, comment voulez-vous que les inspecteurs de l'Etat, qui sont censés lutter contre le dumping salarial, contrôlent toutes les entreprises du canton alors qu'ils ne sont que 8 pour 5000 entreprises? Comment voulez-vous que les spécialistes fédéraux contrôlent le respect des normes des installations des relais radio de la  téléphonie mobile alors qu'ils ne sont que 2 équivalents plein-temps?

 

Au final, en s'opposant à toute augmentation d'impôts, les néo-libéraux ont trouvé un moyen commode et populaire (qui ne serait pas d'accord avec ce principe?) de limiter la puissance étatique à leur profit.

 

Et le pire c'est que ça marche! Le bon peuple, bien gentil, leur donne plein pouvoir, vote après vote. Il n'y voit que du feu! Coluche avait raison "Ca fait longtemps qu'on nous prend pour des c..., et pourquoi ça? Parce qu'on est c..."! Voire...

 

Le bon peuple a peut-être un début d'excuse parce qu'il est tellement collé à l'écran de son smartphone qu'il ne s'aperçoit même pas qu'il est  manipulé. Les réseaux sociaux sont tellement populaires que les informations qu'ils récoltent leur permettent d'envoyer de la publicité ciblée aux citoyens-votants. "Bon d'accord mais je suis assez grand pour savoir par moi-même quoi voter!".

 

Que non point mon grand dadais, car le marketing est plus puissant que tu ne le penses! Il ne te dit pas quoi voter mais te fait croire que ton opinion est partagée par la majorité des votants, et donc que tu as raison.

 

Comment cela?

 

Tu as certainement constaté sur le Net que les moteurs de recherche te retournent les réponses pertinentes en  seconde position, mais qu'en premier on te présente des liens que les annonceurs ont payé pour les placer en tête de liste. Première manipulation!

 

Et puis on te fournit également des annonces qu'on peut classer dans la catégorie des "ceux qui ont posé la même question ont aussi acheté les produits suivants". Ce qui signifie que l'intelligence artificielle du moteur de recherche ou du  réseau social te présente des produits qui seraient susceptibles de te plaire (ou qu'on veut t'imposer), donc que tu serais susceptible d'acheter. Dans le cas d'une élection, on te proposerait des candidats qu'on veut te faire élire en te faisant croire que d'autres que toi vont également voter pour eux. En réalité il n'en est rien, on veut simplement te faire voter pour celui qui a payé l'entreprise de marketing pour cela. Il a payé pour que sa  candidature soit mise en avant par rapport à celles des autres candidats. C'est très fûté car si on te disait "vote pour celui-ci" tu crierais à la machination alors qu'en ne te présentant que celui qui a payé et pas les autres, on te fait croire que tu as raison puisque d'autres électeurs pensent comme toi!...

 

C'est typiquement ce qui semble s'être passé avec la dernière élection du président US.

 

Il faut tout de même mentionner un détail qui a son importance: pourquoi les citoyens américains ont-ils été choqués parce que 80 millions d'entre eux ont été pris pour cible par Cambridge Analytica alors qu'on sait depuis longtemps que les officines états-uniennes espionnent sans vergogne et à grande échelle des états étrangers, des entreprises et de simples citoyens?  Parce que le "Patriot Act", voté après l'attentat du  11 septembre, l'autorise, mais exclusivement pour l'étranger. Elles n'ont pas le droit de récolter des données sur leurs propres citoyens. En conséquence, dans ce pays personne ne s'émeut lorsqu'on apprend que le smartphone de la présidente Merkel a été surveillé par la Ennessa ou que les mails des entreprises suisses et européennes finissent dans les mêmes big datas. Par contre un espionnage à leur encontre provoque un tollé !

 

Mais revenons-en  à nos moutons, à la redevance radio-TV!

 

Le fait de l'intégrer aux impôts aurait plusieurs avantages:

 

Le premier est que cette taxe fixe de 451 Francs (en principe 365.- à l'avenir) deviendrait proportionnelle aux revenus des contribuables. Les familles dont les revenus imposables sont dans la moyenne suisse (8957 Fr de disponible chaque mois après déduction des charges fixes) paieraient le montant de la taxe actuelle en plein (365.-), les pauvres moins et les plus riche plus. La courbe de progression est à définir mais je proposerais une progression linéaire entre le revenu zéro (redevance = 0) et un plafond à 1 milllion, ce qui permettrait aux milliardaires de pouvoir rester dans le pays qu'ils aiment tant selon l'adage "trop d'impôt tue l'impôt". Les matheux de la Confédération sauront calculer une courbe qui allie démographie fiscale à justice sociale et qui permette de récolter la même somme totale qu'actuellement. Les médias qui sont au bénéfice du fruit de la redevance, la SSR entre autres, ne verraient donc pas leurs subventions changer.

 

Le second avantage: il ne serait plus nécessaire de mandater une entreprise externe, anciennement Billag, pour récolter la redevance. Elle serait encaissée en même temps que l'impôt fédéral direct. Cela ferait quelques dizaines de millions d'économisés!

 

Sans parler, bien-sûr, du changement de paradigme que constituerait cette mesure. Pensez-donc, l'Etat re-deviendrait crédible! Avec ce signal, les citoyens pourraient recommencer à faire confiance à leurs gouvernants, ce qui serait un magnifique retournement de situation, de quoi garantir la paix sociale pour quelques temps. Car c'est bien elle qui est en jeu. A force de tirer sur la corde, nos gouvernants et les lobbies qui les dirigent pourraient bien se scier la branche sur laquelle ils sont assis. Une personne intelligente sait qu'il faut quelquefois savoir lâcher du leste sur un point secondaire afin de conserver l'essentiel!

 

 

Pour mémoire: Le service public radio-TV doit être réformé
 

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