Elire oui, mais qui ?

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La politique est l'art d'empêcher les citoyens de se mêler de ce qui les regarde (Paul Valéry)

Notre système politique de démocratie directe est unique au monde, et pour tout dire, malgré ses défauts, c'est le meilleur système politique qui existe. Le pouvoir y est moins centralisé que dans les autres démocraties, chaque "couche" de pouvoir (fédéral, cantonal et communal) a son mot à dire lorsqu'il faut prendre une décision. Le simple citoyen a aussi du pouvoir grâce au droit d'initiative et de référendum et surtout parce que c'est lui qui élit ses représentants.

 

La Suisse pourrait vivre heureuse grâce à ce système bien huilé par le temps. Mais c'est sans compter avec ceux qui veulent à tous prix accaparer le pouvoir à leur profit. Dans une société donnée, la plupart des gens ne pensent qu'à gagner honnêtement leur vie mais hélas, l'Homme est ainsi fait, il y a toujours un petit pourcentage de prédateurs qui ne pensent qu'à profiter du travail des autres.

 

Actuellement l'équilibre mondial se trouve en danger car ces prédateurs-là prennent lentement mais sûrement le dessus. Il n'y a qu'à voir qui sont les riches, qui sont les pauvres et à qui appartiennent les richesses du monde! Et le constat est éblouissant: les riches deviennent de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres. On en arrive à un stade où c'est la classe moyenne qui supporte tout le poids de la démographie mondiale. Les riches, "optimalisation fiscale" oblige et les pauvres, qui sont à l'aide sociale, ne paient pas d'impôts.

 


La mondialisation

 

Lorsque le principe de la mondialisation a été introduit, l'argument était que cela allait aider les pays pauvres à remonter leurs niveaux de vie en leur permettant d'exporter leurs produits sans barrières douanières. Dans la réalité, ces pays pauvres deviennent de plus en plus pauvres car l'économie des pays riches pille leurs richesses et profite au maximum de leurs forces de travail bon marché. En fait, les entreprises multinationales profitent à fond de la liberté qu'elles ont de faire produire dans les pays à faible niveau de vie à des prix toujours plus bas. Et lorsque le niveau de ces pays-là augmente, elles vont chercher ailleurs de nouveaux "esclaves"., il se trouvera toujours des pays pour croire au miroir de la mondialisation. Et dans le pire des cas, il leur suffira de corrompre les politiciens et les administrations pour arriver à leurs fins.

 

La mondialisation a un énorme défaut: il n'existe pas de pouvoir mondial pour la réguler, c'est la jungle totale. Et c'est pour cela que les entreprises multinationales peuvent se jouer si facilement des législations nationales.

 

La plupart des entreprises multinationales ne paient pas les impôts en proportion de leurs bénéfices. Dès lors ces derniers sont pharamineux et leurs permettent d'acheter tous ceux qui leur font de l'ombre, et en premier toutes les PME à succès. Ce qui concentre encore plus les richesses.

 

Il est temps de mettre un frein à ces pratiques car, dès lors que la finalité d'un système économique est de gagner toujours plus et non le bonheur de l'Humanité, ce système arrivera inéluctablement un jour ou l'autre dans le mur et s'auto-détruira. Malheureusement il aura détruit le monde avec lui auparavant et provoqué moultes guerres, on en voit déjà les prémices actuellement (combien y a-t-il de pays en guerre à ce jour?).

 

La réaction s'organise tout de même et l'Europe est en train de légiférer sur le principe suivant: les bénéfices doivent être fiscalisés là où ils sont faits. L'Europe est aussi sur le chemin de la suppression du secret fiscal en commençant par les pays les plus faibles, la Suisse, le Luxembourg, le Lichtenstein. Mais il reste les chantres du libéralisme, les USA et l'Angleterre en tête, qui se donnent bonne conscience en forçant les petits pays à modifier leurs législations tout en se gardant bien de le faire eux-mêmes. Où sont les paradis fiscaux maintenant? Aux USA (Delaware, Bahamas,Caïmans) et en Angleterre (Londres, îles anglo-normandes) principalement!.
C.Q:F:D.

 

 

L'ultra-libéralisme

 

J'y ai moi-même cru un temps au libéralisme. Je prenait ce terme au sens propre, liberté d'entreprendre, alors qu'en réalité le libéralisme tend à supprimer tout contrôle étatique sur l'économie de façon à laisser le marché  s'organiser lui-même. Or à quoi sert l'Etat? L'Etat doit établir et garantir l'application de règles communes devant permettre à la société de pouvoir fonctionner à la satisfaction de ses toutes composantes. Un Etat doit donc être assez fort pour imposer ce qui a été décidé démocratiquement et pour sévir le cas échéant. Le problème c'est qu'il y a maintenant des entreprises qui gagnent plus d'argent que des états et qui sont en mesure de contourner et de s'opposer à toute justice sociale.

 

Depuis des lustres, on enseigne à nos étudiants qu'il faut d'abord savoir se vendre. Dans ma jeunesse, en mai 68 pour situer, la plus grande insulte était de dire à quelqu'un qu'il était un "vendu". Et voilà maintenant que cela s'enseigne dans les écoles! Cette idée est tellement gravée dans les  esprits, quasiment inscrite dans les gênes, que le seul leitmotiv est maintenant de faire de l'argent, de gagner toujours plus.

 

Or à quoi sert de gagner toujours plus si on ne peut pas dépenser son argent pour mieux vivre?

 

A quoi sert d'avoir une Maseratti si les autoroutes sont limitées à 80km/h ou bloquées par des embouteillages? A quoi sert d'avoir plus d'argent si c'est pour se payer le même logement mais trois fois plus cher qu'avant? A quoi sert d'avoir plus d'argent si on ne peut plus partir en vacances parce qu'il y a la guerre partout?

 

En fin de compte
qui se soucie aujourd'hui du bonheur des gens?

 

 

C'est maintenant le moment d'en arriver aux élections. En démocratie c'est l'action la plus important qu'on puisse faire au niveau individuel. Elire des gens qui vont vous représenter au gouvernement en fonction de vos buts, de vos espoirs et de votre niveau social, c'est cela que vous devez faire. Mais là nous nous trouvons face à l'écran de fumée généré par ceux qui n'ont pas intérêt à ce que vous puissiez voter en toute connaissance de cause pour ceux qui sont susceptibles de vous représenter au mieux.

 

Si il y avait consensus pour faire voter les citoyens en fonction de leurs aspirations:

  • le fonctionnement des partis politiques serait transparent et leurs comptabilités seraient publiques. Ce qui permettrait de savoir qui les financent et finalement en faveur de qui ils vont voter des lois
     

  • l'appartenance des candidats à tel ou tel groupe de pression (entreprises et lobbies) serait publique. Ce qui donnerait une indications sur ce qu'ils voteront une fois élus
     

  • les revenus des candidats seraient publiques, ce qui permettrait de savoir pour qui "roulent" les candidats étant entendu qu'ils ne vont pas se couper la branche sur laquelle ils sont assis
     

  • les votes nominatifs des élus devraient être publiques. En fait ils le sont:

    http://www.parlament.ch/f/wahlen-abstimmungen/abstimmungen-im-parlament/Pages/abstimmung-nr-alle.aspx

    mais leur consultation sur le Net est rendue opaque (volontairement à mon humble avis, comme pour les statistiques fédérales). On peut savoir ce que chacun a voté pour telle ou telle loi mais on n'a pas le libellé de la question posée lors du vote. Il s'ensuit quelquefois des quiproquos où on voit quelqu'un voter pour une loi que d'habitude il combat. Heureusement que les votes des partis sont très compacts, il suffit alors de voir qui a voté quoi pour comprendre le libellé de la question du vote.
     

  • les médias feraient leur travail d'investigation et de publication. Malheureusement, la concentration est telle dans ce domaine, que l'auto-censure y règne. Pour preuve, il leur serait tellement facile de mettre quelques journalistes, même stagiaires, sur la publication des résultats des votes nominatifs et d'en faire une synthèse de ce qui a réellement été voté et par qui. Cela donnerait la possibilité à chaque citoyen de se faire une idée sur les candidats.
     

  • Les partis politiques publieraient la liste détaillées de leurs candidats bien avant que les citoyens ne reçoivent leur matériel de vote. Les listes ne comprennent quelquefois même pas les professions et photos des candidats! Dans ces conditions comment faire un choix éclairé?

    En fait c'est tout simple: à part les ténors des partis que tout le monde connaît, les mieux élus sont ceux qui ne font pas parler d'eux, règle absolue! Parce que, pour un candidat, donner son opinion c'est se faire certes des amis, mais surtout des ennemis, qui ne manqueront pas de le bifferont sur les listes électorales.
    Les partis pensent que les citoyens, par benête confiance, vont simplement glisser leurs listes telles-quelles dans les urnes. Et dans cette logique, moins on parle des candidats mieux cela vaut...

 

Le journal "Bon à savoir"

 

C'est dans le journal des Consommateurs Bon à savoir (No 9 de septembre 2015) que j'ai trouvé l'article de mes voeux. En page 8: Elections: votez conso !, on y trouve une liste de candidats à leur propre succession assortie de leurs votes sur les points (il y en a 22) qui ont concerné les consommateurs pendant la législature écoulée. Elle est reproduite ci-après, mais selon un ordre différent, par ordre de votes favorables aux consommateurs.
 

Bien-entendu, il ne s'agit que d'un exercice superficiel destiné à y voir un peu plus clair dans la propagande des partis. L'article de Bon à savoir est lui plus complet et il faut le consulter.
 

 

Candidat Parti Pour
Roger Nordmann PS 19
Jacques-André Maire PS 18
Cesla Amarelle PS 18
Manuel Tornare PS 17
Jean-Christophe Schwaab PS 17
Christian Van Singer Les Verts 17
Pierre-Alain Fridez PS 17
Ada Marra PS 16
Carlo Sommaruga PS 15
Mathias Reynard PS 15
Adèle Thorens Goumaz Les Verts 13
Isabele Moret PLR 9
Jacques Neyrinck PDC 9
Isabelle Chevalley Verts libéraux 8
Viola Amherd PDC 8
Hugues Hiltpold PLR 7
Yannick Buttet PDC 7
Christian Lüscher PLR 6
Fathi Derder PLR 6
Jean-René Germanier PLR 6
Jean-Paul Gschwind PDC 5
Céline Amaudruz UDC 4
Yves Nidegger UDC 4
Olivier Français PLR 4
Jean-Pierre Grin UDC 4
Guy Parmelin UDC 4
Olivier Feller PLR 3

 

 

Un simple regard à ce tableau permet de faire quelques constatations intéressantes:

  • Le plus favorables aux consommateurs est Roger Nordmann

  • Le moins favorable aux consommateurs est Olivier Feller

  • Le parti le plus favorable aux consommateurs est le PS, suivi par Les Verts et les Verts libéraux

  • Le parti le moins favorable aux consommateurs est l' UDC, suivi par le PLR et le PDC

Dès lors notre vote devient un peu plus clair:

  • Si on part du principe que ceux qui votent en faveur des lois favorables aux consommateurs sont ceux qui veulent le bonheur des gens, alors il faut élire Roger Nordmann et voter pour le PS puis les Verts et Verts libéraux mais surtout pas pour l'UDC
     

  • Si on part du principe que le plus important c'est économie et pas le bonheur des citoyens, alors il faut nettement élire Guy Parmelin et voter pour l'UDC, le PLR, puis le PDC et surtout pas pour le PS

Mais bon, pour compliquer tout de même les choses, il n'y a pas que les consommateurs dans ce monde et les autres sujets traités par nos parlementaires sont aussi importants pour le bonheur des gens. Il faudrait aussi  pouvoir en tenir compte, cependant le tableau des consommateurs a le mérite d'avoir été fait et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il clarifie bien les choses. En ce qui me concerne, je sais pour qui voter maintenant.

 

Il serait bon que d'autres forces de la société établissent des mêmes tableaux que les consommateurs, les syndicats par exemple. Car finalement qui a intérêt à pousser les citoyens à élire benêtement des candidats contre leurs propres intérêts? Et qui sont les dindons de cette farce?

 

L'important, finalement, c'est que chacun vote selon ses buts, convictions et aspirations et pas au hasard ou en suivant béatement la propagande des partis. Parce que le tableau ci-dessus le prouve, la propagande des partis c'est de la poudre aux yeux!...

 

La politique est l'art d'empêcher les citoyens de se mêler de ce qui les regarde (Paul Valéry)
Cela se vérifie!...

 


 

Après les élections la lumière!

Et elle est venue (pour peu qu'on se donne la peine d'y réfléchir).

 

Ce qui était prévisible s'est vérifié: le brave peuple qui croit tout ce qu'on lui dit et fait les mêmes bêtises élection après élection (C'est humain bien-sûr, mais ne nous est-il pas possible de nous améliorer et rendre ce monde un peu plus vivable?). Il a élu des représentants qui lui sont néfastes. Bien-sûr pas tous. Mais c'est tout-de-même assez frappant de constater que de parfaits inconnus dont on ne connaît rien, même pas le visage pour quelques-uns, ont été élus simplement parce qu''ils figuraient sur une liste de parti. Il est frappant de constater que des candidats sortants ont été réélus malgré le fait qu'ils avaient systématiquement voté contre les lois qui étaient favorables aux consommateurs-citoyens ou qu'ils avaient systématiquement bloqué toutes les lois qui déplaisaient aux lobbies dont ils étaient les passe-plats.

 

Alors bien-sûr, ce genre de jugement à l'emporte-pièce dépend du point de vue. On peut toutefois en tirer  quelques règles intuitives:

  1. Les gens sont influencés par le matraquage pré-élections. A force de voir et d'entendre des slogans, même mensongers voire en complète contradiction avec la réalité, ils finissent par y croire. C'est exactement le même effet que celui qui pousse un consommateur à acheter un produit plutôt qu'un autre.
     

  2. A part ceux qui sont très connus, ce sont ceux qui font le moins parler d'eux qui sont élus. Pas forcément avec gloire, mais ils passent. Si l'électeur a vu ou lu que son candidat avait une opinion contraire à la sienne, il le biffe. Si ce candidat n'a jamais exprimé d'opinion, il risque de passer avec le "bénéfice du doute". Par conséquent, un candidat qui prend position sur un sujet peut peut-être se faire des adeptes, mais il est sûr qu'il se fera aussi des ennemis (qui le bifferont lorsque cela se présentera).
     

  3. Plus un politicien reste en place et moins il veut partir. C'est l'effet "corruption du pouvoir". Oui, le pouvoir corrompt, voir la vidéo de l'exposé du Professeur John Antonakis de l'Université de Lausanne dont le titre est: "La corruption des leaders dépend du pouvoir et de la testostérone".

    Bien-entendu il faut voir le mot "corruption" dans son sens le plus large. Pour certains, la majorité, il s'agit de pouvoir réel, donc d'argent. Il suffit de voir qui ils représentent et de qui ils dépendent professionnellement. Pour les autres, il s'agit d'avantages, même petits, ne serait-ce que la considération populaire, mais qu'avec le temps, on ne veut perdre à aucun prix. Ceux qui ne sont pas (encore) corrompus sont les nouveaux élus, ils sont en quelque sorte encore "vierges".

    Il y aurait un remède à cette corruption qui guette tous ceux qui restent trop longtemps au pouvoir:
    limiter les nombre de législatures. Cela n'empêcherait pas les corruptibles de l'être, mais serait efficace contre la lente corruption involontaire qui s'établit avec le temps, même pour les plus "purs".

    Je le répète, il ne faut pas voir ici le mot corruption comme un gros mot. Simplement, il faut constater que le temps finit par ramollir les plus décidés et les fait dévier de leurs intentions initiales. Ils se font "avoir" par ceux qui ont intérêt à les utiliser ou, dans le meilleur des cas, à les neutraliser. C'est dans ce sens qu'il faut lire ce mot "corruption".

 

Conclusions

Que pourrait-on faire pour changer les choses et rendre les élections plus démocratiques?

  • Limiter la capacité de nuisance du pouvoir des politiciens(si tant est que ce sont eux qui ont le pouvoir, mais ceci est une autre histoire). Donc limiter le nombre de mandats et ne rien retirer au pouvoir démocratique du peuple. Pas de fusions de communes qui re-centralisent le pouvoir local (un exécutif pour plusieurs anciennes communes). Pas de centralisation du pouvoir (dont on en voit les "dégâts fédéraux" avec la LAT ou la taxe au sac par exemple, dont on voit la force de nuisance avec la toute-puissance de l'administration centripète de l'Union Européenne face à sa démocratie). Ne pas limiter la puissance des initiatives populaires, l'outil populaire le plus efficace qui soit et qui est unique au monde.

    En résumé, il faut résister par tous les moyens aux forces ultra-mondialistes et ultra-libérales qui poussent sans relâche à la centralisation. Et pourquoi le font-elles? Parce qu'il est bien plus facile d'influencer (corrompre) un pouvoir unique centralisé qu'une multitude de petits pouvoirs décentralisés comme nous avons en Suisse. L'Histoire nous enseigne que le malheur du peuple est le plus grand lorsqu'il est détenu par des dictateurs ou des tyrans. Voir l'histoire des rois de France à titre d'exemple, et plus particulièrement de son dictateur-tyran absolu: Louis XIV ! Après son passage, le pays était totalement ruiné, ce qui l'a précipité dans la révolution de 1789.
     

  • Rendre la politique plus transparente soit rendre obligatoire la publication du financement des partis, obliger les politiciens à publier la liste des lobbies pour lesquelles ils travaillent ou sympathisent et, finalement, obliger les candidats à élection à donner des informations sur eux-mêmes. Et pour couronner le tout, publier avant chaque élection les statistiques des votes nominatifs de la législature écoulée classées par domaines.

Nous aurions ainsi grandement amélioré notre système politique. Rendu parfait pour tout dire!
C.Q.F.D. (Ce Qu'il Fallait Dire)

 

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