Sujets de discussion

La démographie   La promotion économique    la crédibilité de l'Etat    le nucléaire

 

Retour

 

L'avenir m'intéresse parce que c'est là que j'aimerais passer mes prochaines années (Woody Allen)

La Réforme de l'imposition des entreprises (RIE III)

 

Ce qu'on donne aux uns (cadeau royal aux grandes entreprises suisses, qui ne demandaient rien), il faut bien le prendre à d'autres (aux citoyens de la classe moyenne, qui seront les dindons de la farce). Ils sont les seuls à payer des impôts plein pot en Suisse, les pauvres n'en payant pas (revenus trop bas), les riches non plus (ils  "optimisent"). Et dorénavant, à cause de cette RIE III, les grandes entreprises suisses et étrangères non plus! Grâce aux taux bas et surtout aux exceptions qui lui seront concédées, une entreprise faisant un million de Fr de bénéfice annuel paiera le même impôt qu'un couple de citoyen ayant 5'000 Fr de salaire mensuel chacun! Est-ce cela l'équité fiscale?

Et pourtant si nos politiciens avaient été un peu futés et respectueux de leurs électeurs, ils auraient pu faire d'une pierre deux coups:

PRIMO contenter l'Union Européenne en supprimant la concurrence fiscale "déloyale" de la Suisse. Il suffisait pour cela d'imposer les sociétés avec un taux unique d'impôt qui ne fasse rien perdre à nos rentrées fiscales. Par exemple 15% au lieu de 13 et sans ces exceptions qui permettent de supprimer jusqu'à 80% de l'impôt. La RIE III aurait alors été acceptée avec applaudissements par toute la population.

Et SECUNDO, le casse-tête de la limitation de l'immigration de masse eut ainsi été résolu puisque ce taux (paraît-il dissuasif) aurait fait partir la minorité de sociétés étrangères qui ne se sont installées chez nous que pour payer moins d'impôts! Libérant ainsi des bureaux et des logements, faisant baisser les loyers, libérant les routes de leurs embouteillages, redonnant des places de parc dans les villes, des lits dans les hôpitaux et des places dans les écoles, redonnant un peu d'égalité de traitement à nos PME en supprimant la concurrence déloyale des sociétés  étrangères, etc. Bref en réalisant ce qu'avait demandé le peuple le 9 février.

Mais voilà, à force de vouloir toujours plus, nos "élites" (ceux qui ont l'argent, donc le pouvoir) ont dépassé toute décence et perdu le sens de la mesure. Si cette RIE III est acceptée, ils continueront dans cette voie et finiront par scier la branche sur laquelle ils sont assis et détruiront la paix sociale. Rappelons que la RIE II (la deux) avait déjà fait perdre 6 milliards à la Confédération (une erreur d'estimation paraît-il, oups)!

C.Q.F.D. !

 

 

D'une façon générale, notre pays se porte bien, surtout si on le compare à d'autres. Nous avons un des meilleurs système politique au monde, le fédéralisme, qui permet à toutes les composantes de notre citoyenneté de s'exprimer. Nous ne sommes inféodés à personne, ni à l'Union Européenne ni à personne d'autre, ce qui nous laisse libres de nous gouverner comme nous le voulons, sans être soumis aux diktats d'organismes supra-nationaux.

 

Alors c'est vrai que notre pays se porte bien, mais c'est justement là un de ses problèmes, car cette prospérité attire comme un aimant autant les affairistes qui veulent faire de l'argent que les travailleurs qui viennent chercher en Suisse des conditions de vie meilleures que dans leurs pays d'origine. Disons-le tout net, pour ces derniers cela rien de répréhensible et c'est même très courageux, car, du courage, il en faut pour quitter sa famille, ses amis et ses coutumes pour aller s'établir ailleurs.

 

Cela dit, ce n'est pas une raison pour laisser notre pays ouvert en libre-service à tous les vents. Nous avons le devoir et l'intérêt de protéger ce que les générations précédentes nous ont laissé: un cadre de vie exceptionnel, une saine prospérité et la paix sociale. Hélas, la célèbre phrase de Karl Marx est de plus en plus d'actualité "Aux capitalistes, nous vendrons la corde pour les pendre" ! Il voulait dire par là que l'appât du gain aveugle ceux qui ne pensent qu'à ça. Et c'est vrai que l'obsession de l'argent est quasiment devenue la règle, de quoi détruire l'âme notre pays et tout ce qui va avec. 

 

Au niveau de notre vie de tous les jours, la prédominance de l'argent sur toute autre considération se fait par le sacrifice du notre cadre de vie des citoyens de ce pays. Nos autorités ont supprimé le contrôle des frontières en contrepartie de l'accès au grand marché européen pour nos entreprises d'exportation. Nous en voyons les résultats sur notre vie de tous les jours: routes encombrées, pénurie d'appartements et pollution pour l'essentiel. Mais aussi de nouvelles pratiques qui rompent avec notre passé de traditionnelle propreté, de politesse et du respect de l'autorité: des détritus dans les rues, des graffitis partout, des bagarres au couteau jusque dans les cours d'école, des jeunes biturés à mort qui finissent au CHUV, des vendeurs de drogue partout, un irrespect général du savoir-vivre le plus élémentaire, des policiers qui se font tabasser, sans parler l'absolue nécessité de fermer ses portes à clé sous peine de voir son appartement cambriolé.

 

Sans chercher trop loin, force est de constater qu'une des causes de cette destruction rapide du beau cadre de vie hérité de nos ancêtres est due à la croissance incontrôlée de notre population.

 

 

 

Pourquoi ne trouve-t-on pas de logements vacants ? Par ce qu'il y a trop de monde qui en cherche. Pourquoi sommes-nous pris dans les bouchons sur nos routes aux heures de pointe ? Parce qu'il y a trop d'automobiles en circulation. Pourquoi nos jeunes diplômés ne trouvent-ils pas de travail ? Parce qu'ils sont en concurrence avec ceux, venus d'ailleurs, qui acceptent des salaires inférieurs. Pourquoi nos autorités veulent-elles généraliser le principe de la densification urbanistique ? Pour pouvoir loger encore plus de gens sur un territoire devenu de plus en plus exigu du fait du nombre d'habitants.

 

En très peu de temps, la Suisse est devenue un aimant à immigrants et nous en voyons tous les jours les conséquences: nous sommes trop nombreux sur notre petit territoire. Tout va trop vite et la Suisse est en train de dépasser à grande vitesse sa capacité d'accueil. En cela, il faut bien avouer que nos politiciens nous avaient menti comme des arracheurs de dents lorsqu'ils nous avaient dit, lors du votre de l'EEE en 1982, que l'Europe ne changerait rien chez nous, pas d'arrivée en masse de travailleurs de l'UE, pas de dumping salarial, pas plus de délinquance qu'avant, etc. Mais qu'il nous fallait absolument y adhérer faute de quoi le chômage et la misère s'installeraient chez nous. On voit aujourd'hui, en 2013, ce qu'il en est advenu: 80'000 travailleurs de l'Union Européenne déboulent chaque année en Suisse, le dumping salarial est devenu la règle, la délinquance devient presque ingérable, les cambriolages et le trafic de drogue notamment, on ne peut presque plus circuler sur nos autoroutes aux heures de grande affluence, et on est quasiment obligés de construire en hauteur pour pouvoir loger tout ce monde.

 

Et pourtant, il nous serait facile de "corriger le tir": il ne s'agit que de prendre conscience de ce qui nous arrive et, progressivement et sans à-coups, prendre les mesures adéquates.

 

Mais un préalable important avant d'en esquisser des pistes:

 

Dans notre pays, il y a des mots qui sont connotés et qu'on ne veut plus prononcer car ils sont trop chargés d'émotion. Par exemple, on ne dit plus "sourd-muet", on dit maintenant "malentendant-démutisé". Cela change-t-il quelque chose au fond de la question ? Non, mais cela sort cette expression de sa connotation historique et la rend moins péjorative.

 

Il en est de même avec le mot "immigration". A peine l'a-t-on prononcé que l'on se fait immédiatement traiter de xénophobe et de raciste. C'est un réflex conditionné par le matraquage de ceux qui ont intérêt à laisser perdurer le marasme qui s'installe chez nous avec l'immigration massive et incontrôlée que nous subissons. Et cela fait hélas beaucoup de monde ! Ce serait bien de trouver un terme pour remplacer ce mot "immigration" afin de le sortir de son ghetto où on l'a mis.

 

Mais revenons-en au "préalable" !

 

Il ne faut pas mettre toutes les immigrations "dans le même panier". Il est par exemple hors de question de ne pas accueillir chez nous quelqu'un qui est persécuté dans son pays et qui risquerait sa vie en y restant. Il ne doit y avoir aucune limite à cet accueil-là car c'est trop terrible d'être en danger et de ne pas savoir où se réfugier. Ce droit d'asile est inaliénable. Nous devons inconditionnellement accueillir ceux qui sont en danger de mort  et qui viennent chercher refuge chez nous.

 

Ceci dit, pour bien centrer le débat, en tant que citoyens de ce pays nous avons le droit et même le devoir de décider de ce que nous voulons comme cadre de vie. Nous avons le droit de nous donner des lois et règlements pour contrôler l'organisation de ce pays. Pas pour régenter la vie des citoyens, mais pour pouvoir contrôler et limiter les excès qui peuvent nous mener à la catastrophe. Et l'augmentation énorme et rapide de la population suisse due à l'immigration, de citoyens de l'Union Européenne essentiellement, est un abus qu'il faut rapidement pouvoir contrôler avant qu'il ne devienne plus maîtrisable. Nos conditions de vie et celle de nos enfants en dépend.

 

En prenant conscience du phénomène, sans sensiblerie ni faux-fuyant (il faut du courage et de la lucidité pour cela), des pistes viennent à l'esprit. En voici quelques-unes.

 

 


Chaque année, 80'000 travailleurs de l'Union Européenne viennent spontanément s'installer en Suisse et malgré cela, les Offices de promotion économique des cantons continuent imperturbablement à tout faire pour attirer de nouvelles entreprises dans notre pays.

 

Le canton de Vaud, comme d'autres, fait de la promotion économique active. Les candidats se voient offrir une exonération fiscale de 10 ans en général, des terrains avec droits de superficie, des aides à l'intégration, des cours de langue pour leurs employés, etc. Car tout cela est financièrement intéressant pour le canton, d'une part les employés paient des impôts, ce qui fait des rentrées fiscales, ensuite l'entreprise qui a réussi son implantation paie aussi des impôts une fois sa période d'exonération terminée. Et une nouvelle entreprise qui s'implante, ça crée des postes de travail utiles pour résorber notre chômage. Ca c'est pour la théorie.

 

En pratique, la situation est moins rose.

 

La création d'emplois ne concerne bien souvent que des emplois subalternes, dans le nettoyage par exemple, car la plupart du temps les entreprises arrivent chez nous avec leurs cadres et spécialistes. L'avantage c'est que cela fait de nouveaux consommateurs pour nos commerces locaux, mais avec l'inconvénient qu'il faut loger ces nouveaux-venus d'où l'assèchement actuel du marché du logement. Ensuite ces gens arrivent avec leurs véhicules, souvent utilisés pour des trajets pendulaires, ce qui engorges encore plus nos routes et autoroutes.

 

Et puis beaucoup de ces entreprises quittent le canton pour d'autres cieux à "optimalisation fiscale" une fois leurs 10 ans écoulés, nous laissant leurs chômeurs sur les bras. Ceux-ci bénéficient alors des prestations de l'assurance chômage et la plupart du temps retournent dans leur pays d'origine une fois leur droit aux aides échu.

 

(Un fait est peu connu: un travailleur de l'UE qui est au chômage dans son pays et qui, après avoir signé un contrat en Suisse, n'y travaille qu'un seul jour, ce chômeur-là a automatiquement droit aux prestation de notre assurance chômage comme si c'était son premier jour de chômage !)

 

Il y a encore un autre problème: les avantages faits aux entreprises étrangères constituent une  concurrence déloyale vis-à-vis des nos entreprises indigènes. Car nos PME-PMI, doivent bien, elles, payer leurs impôts et ne bénéficient pas des aides de l'Etat. Sans compter que les nouvelles-venues sont souvent uniquement attirées chez nous par le pont d'or fiscal qu'on leur fait. Elles laissent la plupart du temps des filiales dans leur pays d'origine ce qui leur permet d'effectuer des transferts comptables de charges et de bénéfices.

 

C'est particulièrement ce point-là qui fâche les pays européens à notre égard. On pourrait penser que des entreprises à cheval sur deux pays vont chacune payer des impôts dans leurs pays respectifs alors qu'en fait elle arrivent à n'en payer que très peu dans un pays comme dans l'autre grâce à des artifices comptables. Par exemple, savez-vous que l'entreprises la plus riche de notre pays, non pas sise à Vevey comme on  pourrait le penser mais à Zoug, ne paye aucun impôt en Suisse, alors même que son bénéfice annuel dépasse 10 milliards?

 

Tout cela devrait inciter nos autorités à fermer leurs offices de promotion économique mais il n'en est rien. Année après année, elles continuent imperturbablement à faire venir de nouvelles sociétés chez nous. Si notre pays était immense et avait besoin d'attirer de nouveaux habitants, comme la Sibérie par exemple, cela pourrait se comprendre, mais pas aujourd'hui où la Suisse doit déjà subir chaque année l'arrivée de 80'000 nouveaux travailleurs venant de l'Union Européenne du fait de l'ouverture des frontières. Nouveaux habitants qui doivent se loger et circuler ce qui contribuent à assécher le marché du logement et à encombrer nos routes.

 

80'000 nouveaux habitants venus de l'UE par année (sans compter ceux des autres pays, les frontaliers, les requérants d'asile, les employés des organisations internationales, les diplomates, etc.), cela fait 800'000 en 10 ans, presque la population de la Romandie, et pourtant nos autorités persistent à vouloir en attirer d'autres! Mais c'est se couper la branche sur laquelle nous sommes assis! Car finalement, le simple citoyen, quel est son bénéfice dans toute cette affaire? Les prix des loyers atteignent des sommets stratosphériques, matin et soir il est pris dans les bouchons sur l'autoroute, il ne trouve plus de logement pour ses enfants. Il y a trop de monde partout, il faut faire la queue pour tout, pour aller au bancomat, pour acheter du pain, pour aller au spectacle, etc.

 

130'000 frontaliers français chaque jour en Romandie (Christophe Darbellay dixit).

 

Il est temps que nos autorités stoppent cette promotion économique devenue superflue et même nuisible. La croissance démographique ne peut pas durer éternellement. C'est comme si on remplit un tonneau avec de l'eau, il arrive fatalement un moment où ce tonneau est plein. Nous y sommes presque puisque nos autorités doivent imposer le principe de la densification pour loger les nouveaux habitants en hauteur par manque de place.

 

 

 

 

La relation entre l'Etat est le citoyens est basé sur la confiance, cela s'appelle du civisme. Le citoyen doit avoir foi en ses autorités et ses institutions. Si ce n'est pas le cas, s'il a l'impression qu'on lui ment ou qu'il est "le dindon de la farce", il sera incité à ne plus collaborer et à rechercher des moyens de tricher avec l'Etat.

 

Jusqu'ici notre pays a été épargné par ce phénomène. Le civisme des Suisses et le respect de ses autorités étaient des vertus reconnues et enviées par nos voisins. Le Suisse est obéissant et respectueux des lois. Il est travailleur et ne fait pas la grève pour un oui ou pour un non. C'est cette "sagesse" et cette stabilité qui ont été les bases de notre prospérité et de la paix sociale qui y règne. Hélas tout cela a tendance à changer avec les injustices et scandales qui émaillent notre vie publique depuis quelques années. La faillite de Swissair, les fonds en déshérence, la presque faillite des grandes banques, les salaires exorbitants des dirigeants d'entreprise, l'impunité des délinquants vis-à-vis de la Loi, les assurances et taxes qui ne font qu'augmenter chaque année, Tchernobyl, Fukushima, etc, etc. Tout cela fait que les autorités perdent la confiance de leurs électeurs car ces derniers ont le sentiment qu'elles leur mentent et qu'elles ne résolvent plus leurs problèmes. 

 

 

 

Le sentiment qui s'installe dans la population est celui de vivre dans un pays où 4 catégories de citoyens coexistent:

  • Les très riches, dont beaucoup d'étrangers au bénéfice de forfaits fiscaux. Eux ils son pratiquement à l'abri des lois ordinaires car ils ont les moyens de se payer les services des meilleurs avocats pour obtenir des passe-droits ou pour se sortir de situations qui, autrement, les mèneraient en prison.
     

  • Les malheureux sans papiers qui sont contraints de vivre en marge de la Loi puisqu'officiellement ils n'existent pas. Ils vivent la peur au ventre et exploités en acceptant n'importe petit boulot mal payé. Cela doit arranger bien du monde puisqu'aucun de nos politiciens ne trouve le moyen de faire cesser cette situation honteuse. On estime leur nombre à 200'000 en Suisse.
    Hormis le fait de se faire renvoyer ailleurs (ce qui n'est pas rien!) eux n'ont rien à craindre de la Loi puisqu'ils n'existent officiellement pas et sont insolvables. Les chiffres officiels de la Police le montrent, la plus grande partie de la délinquance est perpétrée par cette catégorie-là de la population. Comme dans toutes les classes sociales, tous les sans-papiers ne sont pas des délinquants, seule une minorité l'est. Ce sont hélas les plus visibles et le tort de réputation fait à leurs collègues honnêtes est énorme.

    Cela pose d'ailleurs une question de fond hautement morale: est-il légitime, pour une personne en danger de mort (la simple survie quotidienne pour les sans-papiers), de contrevenir à la Loi pour tenter de survivre? Dit plus simplement: Si ton enfant est en train de mourir faute de nourriture, est-il légitime d'aller voler un pain dans un supermarché pour le sauver?
     

  • Les pauvres qui sont au bénéfice des aides de l'Etat. Assistés par l'assurance invalidité, par l'assurance chômage, par les aides complémentaires, par les ONG de bienfaisance et autres organisations, ils survivent  et aucun d'eux ne risque de mourir de faim, notre système de protection sociale y pallie. Certes  leur situation n'est pas enviable, mais ils arrivent à vivre et à se faire soigner. Les statistiques montrent que c'est dans les villes qu'ils sont les plus  nombreux. Voir la statistique du chômage.
     

  • Et la grande masse des citoyens ordinaires ni riches ni pauvres, la classe moyenne. Ce sont eux qui commencent à avoir le sentiment qu'ils sont les "dindons de la farce" de la société telle qu'elle est devenue. 

    Car ces gens-là ont le sentiment de faire "tout juste": ils sont bons citoyens, il vont voter, Ils sont inscrits et répertoriés partout où il faut, ils font leur changement d'adresse lorsqu'ils déménagent, ils ont fait leur école de recrue, ils élèvent leur enfants sans l'aide de quiconque, Ils sont respectueux des lois, ils disent bonjour à la dame, ils aident les personnes âgées à porter leurs sacs, ils paient leur journal pris dans les cassettes, ils parquent dans les place de parc autorisées, ils ramassent leurs crottes de chien, ils achètent des bricoles à ceux qui font du porte-à-porte, ils portent à la Police l'objet qu'ils ont trouvé, etc, etc. Et pourtant c'est eux qu'on emprisonne de plus en plus dans un corset de lois toutes les plus contraignantes les unes que les autres et  qu'on charge à coup d'impôts, de taxes et d'obligations de toutes sortes.

 

Par exemple l'impôt sur la valeur locative

Un couple travaille toute sa vie pour acquérir une maison ou un appartement pour loger sa progéniture. Pour y arriver il emprunte de l'argent à une banque et lui paye chaque année des intérêts. Pour abaisser le coût de la construction ce couple "met la main à la pâte" et fait une partie du travail de construction et d'entretien de sa maison pendant son temps libre et ses vacances.

Chaque année, contrairement aux locataires, en tant que propriétaire il doit payer un impôt sur la valeur locative de sa maison. C'est le loyer qu'il devrait payer pour louer sa maison s'il n'en était pas propriétaire. Cette sommes est rajoutée à son revenu imposable comme si c'était un revenu, ce qui augmente d'autant son revenu imposable, et donc ses impôts. Et bien-sûr il doit également s'acquitter d'un impôt sur la fortune puisqu'il est propriétaire de sa maison. En contrepartie il peut déduire les charges de son immeuble de son revenu. Tout se passe bien tant que tout se passe bien pour lui et sa famille. C'est à la retraite que ça se gâte car là son revenu diminue fortement. Peut-être a-t-il aussi eu quelques accidents de vie qui ne lui ont pas permis d'alimenter son fonds de retraite comme il l'aurait voulu, accident, maladies, décès, divorces, perte d'emploi, etc.

En bref, il arrive à la retraite avec sa maison quasiment payée mais qu'avec l'AVS et quelques chiches réserves pour vivre. Le problème alors, c'est qu'il est toujours soumis à l'impôt sur la valeur locative malgré le fait qu'il ne gagne plus rien. Ce revenu fictif lui gonfle le montant de ses impôts et il n'arrive plus à donner le tour avec son AVS et ses maigres économies. Il ne lui reste alors plus qu'une solution: vendre le fruit d'une vie de dur labeur, se faire encore prélever des taxes au passage, et tenter de se trouver un appartement pas cher à louer ou alors partir dans un EMS. Et pourtant, il a fait "tout juste" durant toute sa vie et a sacrifié ses vacances pour acquérir sa maison. C'est tout simplement une injustice qu'on fait à ces gens-là.

 

Par exemple, la voiture

L'automobiliste est probablement celui qui a le plus le sentiment d'être le bouc émissaire de la société. Il doit faire des sacrifices pour pouvoir s'offrir une voiture car cela coûte cher à l'achat et à l'entretien. Il doit payer une taxe annuelle de circulation, une assurance RC, des contrôles réguliers au Service des autos, une énorme surtaxe sur l'essence, une vignette autoroutière, mais en plus il a le sentiment que l'Etat l'attend à chaque coin de rue pour lui pomper encore de l'argent. La Police installe des radars fixes et mobiles là où elle est sûre d'attraper un maximum de contrevenants, là où il n'y a pas de danger ou là où en principe on pourrait rouler plus vite, sur des autoroutes rectilignes par exemple.

En 2013 le montant des amendes augmente vertigineusement, à croire que l'automobiliste est un dangereux délinquant ! Tu te prends 250 Fr d'amende par ce que tu dépasses de 10 km/h la vitesse autorisée dans une rue en pente alors qu'il pleut et qu'elle est déserte. Et dix minutes plus tard, en plein centre de Lausanne, au su et au vu de tout le monde, tu vois un dealer vendre sa came sur le trottoir, produit qui va peut-être tuer d'overdose un petit jeune sans défense et mal dans sa peau. Et ce dealer, si la Police le coince, il ressort libre du commissariat le lendemain matin et peut tranquillement continuer son sinistre  commerce.

 

Tu te prends 40 Fr parce que tu as dû parquer ta voiture sur un endroit non balisé (mais sans danger et qui ne gênait absolument personne) une nuit de très forte chute de neige parce que tu ne pouvais pas aller plus loin (cas de force majeure). Tu veux expliquer ton cas à la Police, elle refuse de t'écouter et te dit de faire opposition, ce que tu fais. Résultat après avoir pu exposer ton cas à un juge pourtant bienveillant: 40 Fr d'amende plus 50 Fr de frais !

 

Alors elle est où la justice dans cette histoire ? Est-il plus grave d'enfreindre petitement la Loi sans gêner ni mettre quiconque en danger, ou de vendre de l'héroïne en pleine Bel-Air, à midi à Lausanne? Et ce sont  pourtant ces petites infractions-là que la Police traque avec le plus de zèle...

 

Par exemple, la taxe au sac (détails ici)

Cela fait des décennies qu'on trie ses déchets dans notre pays. Et pourtant est-ce le simple citoyen qui est  responsable de la quantité croissante de déchets que produit la société ? Bien-sûr que non, lui n'est que le dernier maillon de la chaîne production-vente-consommation. C'est la grande distribution qui lui impose des barquettes, des emballages en plastic, en sagex et autres blisters pour faciliter le stockage, le transport et  la vente de ses produits.

Alors que l'Etat décide d'augmenter le prix des sacs poubelle pour susciter à plus trier ses déchets, c'est incitatif et peut se justifier. Mais en plus imposer une taxe fixe par personne qui s'ajoute aux impôts, non ! Rien ne peut le justifier, c'est contraire à la Loi qui a été votée par notre parlement et c'est une augmentation d'impôt qui ne dit pas son nom. La Loi est pervertie et le citoyen est trompé.

Et le plus grave, c'est que ce sont les catégories les plus pauvres de la population qui en subissent le plus les conséquences. Par exemple (à Bussigny), une famille "pauvre" qui a payé 2000.- d'impôt communal en 2012, verra sa charge fiscale augmenter de 21,55%  en 2013 du fait de l'introduction de la taxe au sac. Voir le détail des calculs. En comparaison, un super riche verra, lui sa charge fiscale diminuer de 1137 Fr. Tout celas parce que les autorités de Bussigny ont eu la funeste idée de compenser la taxe au sac (somme fixe) par une diminution  d'impôt (somme variable suivant le revenu). Avec cette façon de faire, les riches voient leurs impôts diminuer et les pauvres augmenter. C'est une injustice faite à la catégorie la moins favorisée de notre population !

 

Par exemple, le secret bancaire

Pour toutes les lois du monde, acheter un objet volé s'apparente à du recel.  Si un Etat achète un produit volé, il devient un receleur aux yeux de sa propre loi. Or, que dire d'un Etat qui achète un CD de données à un employé de banque qui l'a volé à son employeur ? Tout simplement que c'est un receleur, complice du voleur puisqu'il lui a acheté le fruit de son larcin, et qui plus est en toute connaissance de cause !

On peut alors se poser la question de la légitimité d'une telle action. Est-il légitime d'utiliser un moyen illégal (le vol) pour pouvoir confondre quelqu'un (un contribuable) qui a commis un acte répréhensible (frauder le fisc)? La réponse me paraît être catégoriquement non, car si un Etat, chargé de faire respecter la Loi,  ne la respecte pas lui-même, qui va la respecter ? C'est un mauvais exemple donné au citoyen qui sera alors incité a faire de même. Cela met la notion de civisme en grand danger. Car alors on pourra encore plus se poser la question évoquée ci-dessus "En danger de mort parce qu'affamé, est-il légitime de voler?".

Dans les cas des données volées aux banques suisses qui ont défrayé à plusieurs reprises la chronique, il est étonnant que notre Conseil fédéral n'ait pas utilisé cet argument pour défendre les clients des nos banques.

 

 

Pour conclure, on voit que la légitimité d'un état, c'est-à-dire du respect que ses citoyens ont de lui, ne souffre d'aucune dérogation car chacune d'entre elle sape un peu plus la confiance des citoyens en leur système politique. Et il en est d'un état comme d'une entreprise: il faut très longtemps pour se créer une bonne réputation, mais très peu pour la perdre. Et si un état perd la confiance de ses citoyens, il perd également la paix sociale et crée le marasme.

Les citoyens suisses ont encore confiance en leurs autorités. Mais jusqu'à quand ? Ces dernière années, nous avons pu voir des décisions être contestées et être annulées en votation. Que l'Etat reste vertueux et ne tente pas le diable, il se scierait la branche sur laquelle il est assis !... L'Etat suisse doit respecter sa classe moyenne, et savoir ne pas aller trop loin sous peine de mettre en péril son autorité, et de là, la paix sociale !

François Modoux arrive à la même conclusion dans son article "Canaliser la colère populaire" dans Le Temps du 30 mars 2013

 

 

 

Le nucléaire

L'industrie nucléaire nous fournit une énergie électrique propre (pas de rejets de fumées), bon marché et sans danger (très peu d'accidents dans les centrales nucléaires). C'est du moins ce qu'elle nous dit.

Une énergie propre, c'est tout relatif pour deux raisons:

D'une part l'extraction de l'uranium est dangereux pour la santé des mineurs. Mais bien-sûr aucune statistique ne filtre. Et puis l'extraction de ce minerai provoque la dissémination de poussières radioactives qui contribue à l'augmentation de la radioactivité ambiante, ce qui n'est pas très réjouissant.

 

D'autre part on oublie le problème posé par l'élimination des déchets radioactifs des centrales. Bizarrement, dans ce cas-là, l'Etat ne parle jamais du principe du pollueur-payeur ! Et pourtant il faut bien les éliminer ces déchets-là et en toute logique ce devrait ceux qui les produisent qui devraient le faire. Eh bien non ! Si on prend un exemple qui nous touche de près: la centrale nucléaire expérimentale de Lucens dont le coeur a fondu en 1969, ce qui a constitué le premier accident majeure de l'ère nucléaire. Par bonheur il n'y a pas eu de blessé mais la centrale a dû être décontaminée puis bétonnée pour éviter une contamination radioactive de son environnement. Sous la colline de Lucens, il se trouve des déchets radioactifs dont certains vont rester dangereux pendant des centaines de milliers d'années, le plutonium 239 par exemple. Il en reste (c'est une estimation officielle) dans les 50 mg dans la grotte. Or il suffit d'un seul microgramme pour tuer un homme. Il y a donc de quoi tuer 50'000 personnes dans cette grotte, sans parler des autres nucléides !...

On pourrait penser que c'est le consortium qui a construit cette centrale, la "Société nationale pour l'encouragement de la technique atomique industrielle" (SNA, un consortium de producteurs d'électricité), qui est le responsable de la surveillance du cimetière atomique de Lucens pour les 100'000 années à venir et plus. Eh bien non, en 1992 la SNA a remis à l'Etat la gestion et cette responsabilité-là ! C'est donc la collectivité qui devra supporter à tout jamais les suites de cet accident.

 

Une énergie bon-marché

Oui si on ne la regarde que sous l'angle de sa production. Une centrale coûte cher mais rapporte ensuite beaucoup, ce qui permet d'en amortir facilement la construction et l'exploitation (y compris l'achat d'uranium qui reste encore relativement bon marché). Mais c'est après que cela se corse et de cela on ne parle jamais.

Une fois désaffectée, une centrale doit être démantelée, ce qui signifie décontaminer ce qui peut l'être et ensuite stocker pendent des centaines de milliers d'années tout ce qui reste radioactif (machines, canalisations, bâtiments, habits, outils, sans parler du coeur de la centrale, des fluides caloporteurs et de refroidissement, etc.) Cela fait des tonnes de matériaux qu'il faut stocker à l'abri de tout être humain (pour éviter leur contamination) et qu'il faut refroidir en permanence car la radioactivité fait chauffer les produits qui en contiennent, c'est le principe de la production d'énergie par le nucléaire.

Les déchets radioactifs ne peuvent pas être "nettoyés" de leur radioactivité aucune technique ne le peut. Il faut tout simplement laisser ces déchets perdre naturellement leur radioactivité jusqu'à ce qu'ils ne présentent plus aucun danger pour l'être humain. Le Plutonium 239 a une période de 24'110 ans ce qui signifie qu'il a perdu la moitié de sa radioactivité au bout de ce laps de temps. Que la moitié !...

Au début de l'ère nucléaire, les déchets étaient vitrifiés dans des tonneaux métalliques qui étaient ensuite coulés dans la mer. Mais on s'est aperçu que c'était très dangereux car les  tonneaux rouillaient et leur contenu venait en contact avec l'eau de mer, avec les conséquences qu'on imagine. On a ensuite mis ces tonneaux dans des mines de sel, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'on finissait par retrouver de la radioactivité dans les nappes phréatiques. Actuellement on pense les mettre dans des grottes, de façon réversible en cas de pépin, mais qu'il faudra en assurer la surveillance à tout jamais à vue humaine.
 

Se pose alors une question: A-t-on moralement le droit de léguer ces déchets-là à nos enfants, qui devront aussi en assurer le financement ? Je pense qu'aucun parent ne peut répondre par l'affirmative à cette question.

Chaque centrale suisse doit alimenter un compte bancaire pour assurer son démantèlement. Malheureusement l'estimation qui est faite des coûts de démantèlement eet très fortement sous-estimée, d'autant plus que les électriciens nucléaires jouent sur les mots. Ils n'incluent pas le traitement des déchets dans le démantèlement... Il en résulte un large sous-dimensionnement de la réserve financière. Actuellement aucune centrale suisse n'arrive à une réserve de 1 milliard. Or, en France par exemple, on s'est rendu compte que la sous-estimation des frais de démantèlement était au moins sous-estimée d'une facteur 10. Il sera intéressant de connaître à combien reviendra celui de Creys-Mallville, en cours actuellement. Mais on sait déjà que celui de Marcoule (UP1) est estimé à 6,2 Milliards d'Euros. Donc parler de 10 milliards n'est pas une vue de l'esprit. Somme qui serait à la charge de la collectivité en cas de faillite du propriétaire... Et on ne parle que de démantèlement, pas de tout le  processus "démantèlement- traitement des déchets" !

Une énergie sans danger

Oui si l'on ne parle que des accidents de personnel au sein des centrales. Mais en cas d'accident majeur comme celui de la fonte du coeur du réacteur (syndrome chinois) ?

On a l'exemple de Tchernobyl (Ukraine), dont seuls une soixantaines de personne ont été officiellement tués par l'accident. Ceci est bien-sûr une grossière désinformation puisque rien que les "liquidateurs" qui ont évacué les restes de l'explosion à la pelle sont tous morts à l'heure actuelle. Les organismes spécialisés estiment à plus de 100'000 les victimes de cet accident (par cancers, malformations et autres). Et le terrain dan un rayon de 60km autour de la centrale reste interdit à tout être humain, et ce pour des milliers d'années.£

Et récemment il y a eu Fuskushima au Japon.
Là aussi des milliers de kilomètres carrés resteront inutilisables à tout jamais à vue humaine. Et quelles seront les conséquences du déversement d'eau radioactive dans la mer ? Actuellement la pêche y est interdite, les poissons étant inconsommables à cause de leur radioactivité.

C'est bien cela le plus grand danger d'un accident nucléaire: le terrain contaminé le reste à tout jamais et ceux qui y habitaient n'ont pas d'autre solution que de partir ailleurs, en perdant leurs maisons qu'aucune assurance ne veut couvrir pour ce genre d'accident.
 

 

Conclusion

On peut se voiler la face et penser que les accidents arrivent toujours ailleurs et pas chez soi. Mais il faut bien réaliser que l'industrie nucléaire est une des activités industrielles les plus dangereuses que l'Homme ait inventé. Et c'était un prétexte pour produire du plutonium nécessaire à la fabrication de la bombe atomique (y compris en  Suisse !).

Aucune mensonge n'y fera, les conséquences de l'exploitation de centrales nucléaires et des accidents qui s'y produiront sont tellement énormes qu'il est impossible de cautionner une telle industrie. Il ne faut plus construire ce genre de centrales et planifier le démantèlement de celles qui arrivent en bout de vie. Si possible sans attendre qu'elle soient accidentées, mais en les  laissant finir leur vie jusqu'à l'échéance prévue. Sans cela les électriciens nucléaires exigeront des milliards de dédommagement à la collectivité !...

Pour en savoir plus sur le nucléaire:
- Nuclinfo (information côté opposants)
 

 

Retour